ARCE ou maintien de l’ARE en France
Vous percevez l’allocation chômage et vous voulez créer votre entreprise ? Bonne nouvelle : vous ne perdez pas forcément vos droits. France Travail propose deux options, qui ne se cumulent pas : toucher une partie de vos droits en capital (l’ARCE), ou continuer à percevoir votre allocation chaque mois, tout ou partie (le maintien de l’ARE).
Ce choix peut représenter plusieurs milliers d’euros de différence. Voici comment fonctionne chaque option, et comment choisir.
L’ARCE : vos droits en capital
Le montant
L’aide à la reprise ou à la création d’entreprise (ARCE) correspond à 60 % de vos droits ARE restants au jour de la création (ou de la date d’obtention de l’aide). Une retenue d’environ 3 % est appliquée au titre du financement des retraites complémentaires.
Le versement
Le capital est versé en deux fois :
- 50 % au moment de la création, une fois le dossier validé ;
- 50 % six mois plus tard, à condition que l’activité soit toujours en cours.
Les conditions principales
- Avoir des droits à l’ARE.
- Créer ou reprendre une entreprise.
- En principe, avoir obtenu l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (ACRE). Depuis le 1er juillet 2026, pour les micro-entreprises créées à partir de cette date, l’ACRE ne réduit plus les cotisations que de 25 %, mais elle reste liée à l’ARCE.
- Faire la demande auprès de France Travail avec les justificatifs de création.
Et si l’entreprise s’arrête ?
Si votre activité prend fin, il est en principe possible de retrouver le reliquat de droits qui n’a pas été versé en capital, sous conditions, notamment de délai. Renseignez-vous auprès de France Travail.
Le maintien de l’ARE : vos droits chaque mois
Le principe
Vous restez inscrit à France Travail et continuez à percevoir votre allocation, en déclarant chaque mois les revenus tirés de votre nouvelle activité.
Le calcul
Votre allocation mensuelle est réduite de 70 % des rémunérations que vous tirez de votre activité. Si vous ne vous versez aucune rémunération (par exemple dans une société qui ne vous rémunère pas encore), vous pouvez conserver votre allocation complète. Les jours non indemnisés ne sont pas perdus : ils prolongent la durée de vos droits.
En micro-entreprise, la rémunération prise en compte est calculée à partir de votre chiffre d’affaires, après application d’un abattement selon votre activité.
Un exemple chiffré
Sarah a encore 300 jours de droits à 50 € par jour, soit un reliquat d’environ 15 000 €. Elle crée une micro-entreprise de conseil.
Comment choisir ?
L’ARCE est plutôt adaptée si…
- votre projet nécessite un investissement de départ (matériel, stock, local) ;
- vous comptez vous rémunérer rapidement et de façon significative ;
- vous avez besoin d’apport pour obtenir un prêt bancaire ;
- vos droits restants sont courts.
Le maintien de l’ARE est plutôt adapté si…
- votre activité va démarrer progressivement ;
- vous voulez sécuriser vos revenus pendant la phase de lancement ;
- vous pouvez ne pas vous rémunérer au début (par exemple en société) ;
- vos droits restants sont longs, ce qui rend la perte de 40 % plus coûteuse avec l’ARCE.
Trois questions pour trancher
- Ai-je besoin d’argent tout de suite pour lancer mon activité ?
- Combien vais-je me verser dans les six à douze premiers mois ?
- Quel est mon niveau de tranquillité face à l’incertitude des revenus ?
Les démarches
- Parlez de votre projet à votre conseiller France Travail avant de créer.
- Simulez les deux options avec les outils de France Travail.
- Créez votre entreprise (immatriculation).
- Demandez l’ACRE si vous visez l’ARCE, dans les délais impartis.
- Faites votre demande d’ARCE avec les justificatifs, ou déclarez votre création et vos revenus lors de votre actualisation mensuelle pour le maintien de l’ARE.
Les erreurs à éviter
- Choisir l’ARCE par réflexe sans calculer la perte de 40 % des droits.
- Créer sans prévenir France Travail.
- Oublier de déclarer ses revenus en maintien de l’ARE : cela peut entraîner un trop-perçu.
- Sous-estimer le temps nécessaire pour se verser un revenu.
- Se fier à des informations obsolètes : les règles (ARCE, ACRE) ont changé ces dernières années.
Questions fréquentes
Peut-on commencer avec le maintien de l’ARE puis passer à l’ARCE ?
C’est possible dans certains cas, le capital étant alors calculé sur le reliquat restant au moment du choix. L’inverse n’est pas possible une fois l’ARCE versée.
L’ARCE est-elle imposable ?
Les allocations chômage, y compris l’ARCE, ont un régime fiscal spécifique. Vérifiez votre situation avec les services fiscaux ou un expert-comptable.
Peut-on toucher l’ARCE en micro-entreprise ?
Oui, l’ARCE est accessible quelle que soit la forme de l’entreprise créée, sous réserve des conditions.
Conclusion
L’ARCE apporte un capital immédiat, mais seulement 60 % de vos droits restants. Le maintien de l’ARE préserve la totalité de vos droits et sécurise vos revenus pendant le lancement. Le bon choix dépend de vos besoins de financement, de votre rythme de démarrage et de votre tranquillité d’esprit. Simulez les deux options et parlez-en à votre conseiller avant de vous décider.
Article informatif mis à jour le 29 octobre 2026. Les règles exactes et votre situation personnelle doivent être vérifiées auprès de France Travail.




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